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Quincy Jones

 
Quincy Jones. Source: Wikipedia

Quincy Delight Jones Jr., dit Quincy Jones [ˈkwɪnsi d͡ʒoʊnz] et surnommé « Q » [kjuː], né le à Chicago (Illinois), est un trompettiste, arrangeur, compositeur et producteur américain. À ce jour, il a remporté 27 Grammy Awards.

Biographie

Jeunesse et formation

Né à Chicago, Quincy Jones est le fils de Quincy Delight (un charpentier) et de Sarah Wells Jones, il connaît une enfance difficile : pauvreté, mère internée pour maladie mentale[réf. nécessaire]… Après plusieurs déménagements, son père s'installe dans la banlieue de Seattle à Bremerton dans l'État de Washington, et c’est là que Quincy Jones commence à être fasciné par la musique. Il s’essaie d’abord en autodidacte au piano, puis apprend la trompette à l’école. À treize ans, il reçoit quelques cours de Clark Terry, lors d’un passage de l’orchestre de Count Basie à Seattle. La situation financière de la famille est difficile et, en dehors de ses heures d’école, il exerce l’activité de cireur de chaussures. Il fait la connaissance de Ray Charles, son aîné de trois ans. Les deux amis forment un combo qui se produit dans les clubs de la ville. Quincy Jones fait aussi partie d’orchestres locaux. À dix-huit ans, il obtient une bourse pour poursuivre ses études au Berklee College of Music de Boston.

Carrière

Il quitte vite cet établissement pour intégrer l’orchestre de Lionel Hampton comme trompettiste et arrangeur. Malgré un salaire dérisoire, Quincy Jones reste quatre ans dans ce big band avec lequel il fait une tournée en Europe. Il s’installe ensuite un temps à New York où il exerce comme trompettiste mais surtout arrangeur « free lance ». Il écrit des arrangements pour de nombreux musiciens (Tommy Dorsey, Gene Krupa, Sarah Vaughan, Count Basie, Dinah Washington, Cannonball Adderley, Ray Charles).

En 1956, Quincy Jones est engagé par Dizzy Gillespie comme trompettiste et directeur musical de son big band pour une tournée organisée par le Département d’État au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. Pendant cette tournée, il fait la connaissance de Lalo Schifrin, pianiste-compositeur-arrangeur-chef d'orchestre. Peu après, il enregistre son premier disque comme chef d’orchestre pour le label « ABC Paramount Records ».

En 1957, Quincy s’installe à Paris où il étudie auprès de Nadia Boulanger, directrice du Conservatoire américain de Fontainebleau, et travaille comme « staff arranger » pour le label d’Eddie Barclay (pour des artistes tels que Henri Salvador, Charles Aznavour, Jacques Brel...). Le groupe Les Double Six enregistre un album consacré à ses compositions. Le temps d’une tournée européenne, il est le directeur de la troupe qui joue la comédie musicale Free and easy d’Harold Arlen. En 1960, il forme un big band avec dix-huit musiciens. Malgré la qualité musicale de l’orchestre, l’expérience se solde par un fiasco financier et pousse Quincy Jones, homme pourtant foncièrement optimiste, au bord de la dépression.

Il retourne aux États-Unis où, grâce à l’aide d'Irving Green, il devient arrangeur puis directeur musical du label Mercury. C’est dans ce cadre qu’il va arranger des dizaines d’albums de jazzmen mais aussi, et surtout, d’artistes comme Frank Sinatra, Barbra Streisand, Nana Mouskouri ou encore Tony Bennett. En 1964, il est nommé vice-président du label. La même année il écrit sa première musique de film le Prêteur sur gages (The Pawnbroker) de Sidney Lumet. Dans les années qui suivent, il en écrit de nombreuses autres (voir annexe). Il travaille aussi pour la télévision : musiques de L'Homme de fer (Ironside), Sanford and son et du Bill Cosby Show. Il milite dans de nombreux mouvements anti-racistes et sociaux auprès de Martin Luther King ou du Révérend Jesse Jackson (fondateur du « People United to Save Humanity ») (PUSH). Il aide financièrement l'IBAM (« Institute for Black American Music ») et est un des fondateurs du « Black Arts Festival » de Chicago. En 1973, Quincy Jones coproduit pour CBS Duke Ellington, We Love You Madly, une émission télévisée en hommage à l’œuvre du Duke à laquelle participent Sarah Vaughan, Aretha Franklin, Peggy Lee, Count Basie, Joe Williams, et le groupe Chicago. En parallèle à son activité de producteur et de compositeur, Quincy Jones continue à enregistrer des disques, pour plusieurs labels, sous son nom, souvent plus proches du rhythm and blues, du funk ou de la pop que du jazz.

En août 1974, il est victime d’une rupture d'anévrisme et subit deux importantes opérations. Après six mois d’arrêt, il reprend une intense activité. Il est le directeur musical du film The Wiz pour le compte de la mythique maison de disques Motown. C'est sur le tournage qu'il rencontre le jeune Michael Jackson qui est à la recherche d'un nouveau producteur pour lancer sa carrière solo. Il produit ainsi en 1979 Off the Wall, le cinquième album de Michael Jackson mais son 1er album en tant qu’adulte et son 1er chez le label Epic Records. Cet album est un succès commercial mais l'apothéose vient en 1982 avec le suivant, Thriller, qui reste à ce jour l'album le plus vendu de tous les temps avec plus de 60 millions d'exemplaires vendus. Après un troisième album, Bad, qui est encore un succès, Michael Jackson se sépare de Quincy Jones, mais la fortune de ce dernier est définitivement assurée. Sa situation financière lui permet d'acheter les droits d’édition de compositions de nombreux musiciens (il possède actuellement les droits sur environ 1 600 titres). Elle lui permet aussi d'être, en 1985, coproducteur du film de Steven Spielberg La Couleur pourpre (The Color Purple). La même année, il est coorganisateur de l'enregistrement de We Are the World, titre « humanitaire » contre la famine en Éthiopie (1984-1985). En 1988, il remixe Blue Monday de New Order. Quincy Jones n'oublie pas pour autant le jazz. En 1991, par exemple, il dirige au festival de Montreux l'orchestre qui accompagne Miles Davis pour la reprise des arrangements écrits par Gil Evans. En 1993, Quincy Jones et David Salzman organisent le concert d'investiture du président Bill Clinton.

Jones et Salzman fondent la compagnie « QDE » (Quincy Jones/David Salzman Entertainment) qui produit aussi bien de la musique, des pièces de théâtre, des films, des émissions télévisées - dont Le Prince de Bel-Air (The Fresh Prince of Bel-Air) pour NBC-TV - et d'autres produits multimédias. QDE - dont Quincy Jones est le PDG - édite aussi le magazine Vibe. Quincy Jones fonde son propre label, Qwest Records. En 2001, Quincy Jones est fait Commandeur de la Légion d'honneur par Jacques Chirac. Malgré son âge, Quincy Jones est toujours aujourd’hui très actif.

Vie personnelle

Quincy Jones a été marié par trois fois et a eu sept enfants de cinq compagnes différentes,

En 1957, Quincy épouse Jeri Caldwell, le couple donne naissance à deux filles : la chanteuse de jazz Jolie Jones Levine et Rachel Jones. Ils divorcent en 1966,.

En 1963, il a une brève liaison avec la danseuse Carol Reynolds, de cette union naît une fille Rachel Jones,,.

En 1967, il épouse la photographe, parolière et chanteuse Ulla Andersson Jones (en), le couple donne naissance au compositeur et producteur Quincy Jones III. Ils divorcent en 1974.

En 1974, il épouse l'actrice Peggy Lipton (décédée le ), le couple donne naissance à deux filles : la styliste et actrice Kidada Jones et l'actrice Rashida Jones. Ils divorcent en 1990,,.

De 1991 à 1997, Quincy entretient une liaison avec l'actrice Nastassja Kinski (la fille de Klaus Kinski), le couple donne naissance, en 1993, à la styliste- modéliste Kenya Kinsky-Jones (en),.

Autres

Récemment, les marques d'accessoires audio AKG ainsi que JBL lui ont proposé d'éditer sa propre ligne d'accessoires audio,.

En 2017, Quincy Jones et le producteur français Reza Ackbaraly ont lancé Qwest TV, le premier service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) consacré au jazz et à ses musiques affiliées du monde entier. La plateforme propose une sélection de concerts, d'interviews, de documentaires et de contenus originaux et exclusifs, sans publicité .

On a pu le voir en caméo dans l'épisode 9 de la saison 1 de la série Le Prince de Bel-Air. Il fait aussi une apparition dans le film The Wiz et dans Austin Powers 3 de Mike Myers.

Le compositeur japonais Joe Hisaishi (de son vrai nom Mamoru Fujisawa), compositeur des films de Hayao Miyazaki et de Takeshi Kitano a choisi son pseudonyme en hommage à Quincy Jones. En effet, Le kanji pour « Hisaishi » pourrait être lu comme « Kuishi », qui est proche de la prononciation japonaise de « Quincy », et « Joe » vient naturellement de « Jones ».

Le concert pour son 75e anniversaire a eu lieu en Suisse au Festival de Jazz de Montreux 2008.

Un concert événement pour célébrer son 85e anniversaire a eu lieu au Festival de Jazz de Montreux le dimanche . Avec notamment Ibrahim Maalouf, Nate Smith Kinfolk, Jade Elliott, Nik West, Ezra Collective, Richard Bona, Jacob Collier, Alfredo Rodriguez, Talib Kweli, Jowee Omicil et bien d'autres...

Filmographie

  • We Are The World (1985) : Producteur
  • Le Prince de Bel-Air (1990) : Lui-même
  • Yakety Yak, Take it Back (1991) : Lui-même
  • Trash Talk (1992) : Lui-même
  • Fantasia 2000 (1999) : Lui-même (partie "Rhapsody in Blue")

Discographie

Albums studio

Anthologie

  • The Quincy Jones ABC/Mercury Big Band Jazz Sessions (sorti en 2008)
    • disque 1 : This Is How I Feel About Jazz et Quintessence
    • disque 2 : The Birth of a Band et The Birth of a Band (bonus tracks)
    • disque 3 : The Great Wide World of Quincy Jones et I Dig Dancers
    • disque 4 : The Zurich Concert et Zurich Jam Sessions
    • disque 5 : The Newport Concert et We Had a Ball
  • Jazz Round Midnight, Quincy Jones, chez Verve (314 537 702-2)
  • Quincy Jones's Finest Hour, chez Verve (490 667-2)
  • Strike Up the Band, chez Mercury (830 774-2)
  • Genius + Soul = Jazz, avec Ray Charles, chez Rhino (R2 72814)
  • Back on the Block, 1989

Musiques de films

À titre de curiosité, le thème du générique des trois films de la série Austin Powers est en fait Soul bossa nova, un titre tiré de l'album de Quincy Jones Big Band Bossa Nova (1962). Quincy Jones apparait brièvement dans son propre rôle dans l'épisode trois (Austin Powers dans Goldmember).

Prix et distinctions

  • 1980 : cérémonie d'inscription de son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood au 1500, Vine Street,,
  • 1994 : lauréat du Polar Music Prize,,
  • 1994 : lauréat du Prix humanitaire Jean Hersholt, décerné par le conseil des gouverneurs de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences,
  • 2000 : récipiendaire de la National Humanities Medal décernée par le National Endowment for the Humanities (en),
  • 2001 : élévation au grade de commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur par le président Jacques Chirac
  • 2001 : lauréat du Marian Anderson Award (en),,,
  • 2001[Lien à corriger] : élection comme membre de l'Académie américaine des arts et des sciences,
  • 2014 : élévation au grade de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres lors d'une cérémonie présidée par l'ancien ministre de la culture Jack Lang,,

Récompenses aux Grammy Awards

Notes et références

Bibliographie

Autobiographie

  • (en-US) Quincy Jones, Quincy Jones -- Q's Jook Joint, Alfred Music, , 132 p. (ISBN 9781576232880),
  • (en-US) Quincy Jones, Q: The Autobiography of Quincy Jones, Three Rivers Press, 1 octobre 2001, rééd. 8 octobre 2002, 432 p. (ISBN 9780767905107, lire en ligne),
  • (en-US) Quincy Jones, The Vibe Q: Raw and Uncut, Dafina, , 320 p. (ISBN 9781601830029),
  • (en-US) Quincy Jones, The Complete Quincy Jones: My Journey & Passions: Photos, Letters, Memories & More from Q’s Personal Collection, Insight Editions, , 148 p. (ISBN 9781933784670),
  • (en-US) Quincy Jones, The Quincy Jones Legacy Series: Q on Producing: The Soul and Science of Mastering Music and Work, Hal Leonard Publishing Corporation, , 302 p. (ISBN 9781423459767),

Traduction en français

  • Quincy Jones (trad. de l'anglais américain par Mimi Perrin), Quincy [« Q: The Autobiography of Quincy Jones »], Robert Laffont, , 384 p. (ISBN 978-2221096338).

Essais

  • (en-US) Raymond Horricks, Quincy Jones, Hippocrene Books, , 127 p. (ISBN 9780870522154, lire en ligne),
  • (en-US) Courtney Ross,, Listen Up: The Lives of Quincy Jones, Warner Books, , 191 p. (ISBN 9780446392860),
  • (en-US) Stuart A Kallen, Quincy Jones, Abdo & Daughters, , 32 p. (ISBN 9781562395711),
  • (en-US) Lee Hill Kavanaugh, Quincy Jones: Musician, Composer, Producer, Enslow Publishers, , 128 p. (ISBN 9780894908149, lire en ligne),
  • (en-US) Linda N Bayer, Quincy Jones, Chelsea House Publishers, , 112 p. (ISBN 9780791053058, lire en ligne),
  • (en-US) The art and soul of Quincy Jones, Hal Leonard, , 160 p. (ISBN 9781603780957, lire en ligne),

Articles et interviews

  • (en-GB) « Quincy Jones », sur Academy of Achievement, ,
  • (en-US) « Oprah Talks to Quincy Jones », sur Oprah.com, , p. 11 pages,
  • (en-US) « Quincy Jones Biography », sur Public Broadcasting Service, ,
  • (en-US) David Marchese, « In Conversation: Quincy Jones The music legend on the secret Michael Jackson, his relationship with the Trumps, and the problem with modern pop », Vulture,‎ (lire en ligne),

Annexes

Liens externes

  • Ressources relatives à la musique :
    • Discogs
    • France Musique
    • (en) All About Jazz
    • (en) AllMusic
    • (en) Carnegie Hall
    • (en) MusicBrainz
    • (en) Rock Hall of Fame
    • (en) Rolling Stone
    • (en) Songkick
  • (en) Site officiel
  • (en-US) « Quincy Jones », sur Channel YouTube Quincy Jones productions
  • Ressource relative à l'audiovisuel :
    • (en) Internet Movie Database
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Source : Article Quincy Jones de Wikipédia

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